Le pays de Yao

Lors de notre premier séjour en 2006, peu de temps après être arrivés, nos nouveaux amis ont tenu à nous amener dans le village du petit Yao que nous avions tenté de sauver. Ils tenaient à ce que nous rencontrions les parents de ce petit garçon. Dans leur village de brousse sans électricité ni téléphone, ni bien sûr de télévision, ils n’arrivaient pas à imaginer que quelque part, ailleurs que chez eux,  des gens aient pu s’intéresser à leur enfant.

  

Nous voici partis à l'arrière des motos, conduites par Corneille et Jean, pour le village de Yao à environ 80 kilomètres de piste dans des paysages et une végétation magnifiques.

Nous traversons des villages où l'on s’arrête un peu pour se reposer, la piste est rude, on en profite pour discuter...

 

et aussi pour prendre quelques photos.

 

Et puis brusquement la piste est coupée, le pont s’est effondré...

nous apercevons de l’autre côté des fillettes qui semblent attendre.

On nous explique alors qu’en fait elles attendent les voyageurs et vont vite prévenir les habitants du village voisins qui vont venir nous aider à traverser la rivière.

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Et en effet les villageois sont bientôt là et avec leur aide nous franchissons l’obstacle.

Après des remerciements chaleureux, quelques sucettes aux enfants et quelques billets pour nos aides, nous reprenons la piste.

Nous arrivons enfin au village de Yao.

Un attroupement d’enfants se forme pour nous accueillir, ils ne nous quitteront plus.

Quelqu’un va prévenir les parents qui sont aux champs puis tout le monde nous conduit à leur case.

Enfin ils sont là, nous rentrons avec eux dans la case . Ils ne parlent ni ne comprennent le français, à part le papa qui sait quelques mots. Et quand notre ami Corneille leur a expliqué qui nous étions c’est un grand moment d’émotion.

La maman pleure à chaudes larmes et nous avons tous la gorge serrée….

Puis nous partons visiter l’école dépourvue malheureusement d’instituteur.

Mais il reste, du passage d’un maître en attente d’affectation dans un poste rémunéré, un tableau noir rempli de leçons.

Jean pose devant une énorme termitière

Puis on nous amène visiter le dispensaire, il vaut mieux ne pas montrer de photos, il n’y a bien sûr ni infirmier ni médecin. Mais il y a dans le village une matrone qui aide les mamans à accoucher. Elle et Josette sympathisent rapidement.

Puis vient le moment du départ, tout le monde veut être sur la photo.

Josette porte Komi le frère de Yao, puis il y a le papa, Corneille et la maman encore toute émue.

Mais au moment de partir le papa soulève le vêtement de Komi. Sa jambe est toute infectée, une grosse plaque couvre la partie entre la cheville et le genou... Discussions, Corneille demande pour nous au papa d’amener, dès demain, l’enfant à l’hôpital d’Atakpamé.

Nous les verrons arriver le lendemain soir à l’hôpital où nous les attendons. Il leur aura fallu 5 heures de marche pour passer de l’autre côté du pont, puis avec un peu d’argent, prendre un transport jusqu’à Atakpamé.

Komi est le petit garçon seul à droite, il a 5 ans.

Sur la route du retour nous croisons un groupe d’enfants qui fabriquent, avec leurs parents, du charbon de bois. Il est mis dans de grands sacs au bord de la piste, des camions viendront les prendre pour les vendre à Lomé.

La pluie nous à surpris et nous sommes obligés de nous mettre à l’abri dans un village.

Les enfants sont toujours effrayés de voir des blancs pour la première fois.

Heureusement nous avons toujours dans les poches des sucettes pour les rassurer.

C’est magique les sucettes !

La pluie cesse et nous repartons, mais quelques kilomètres plus loin l’orage nous rattrape et nous devons nous abriter encore, sous un apatam (construction typique dans laquelle les habitants des villages se réunissent pour faire différentes activités).

Deux ados y sont déjà, je ne vous raconte pas leur surprise de nous voir débarquer dans leur monde. Il faudra beaucoup de sourires et de sucettes pour qu’ils osent se retourner.

Le dernier arrêt avant Atakpamé, une famille vend des champignons de la forêt.

Nous sommes saisis par la grâce et le port de cette petite fille.

 Mais il fait presque nuit, aussi nous repartons pour ne plus nous arrêter jusqu’à la maison.

 

 


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